Lettre financière Juin 2017

Une fois n’est pas coutume, le premier semestre n’a été que très modérément volatile pour l’ensemble des classes d’actifs. En France, un vent de renouveau a soufflé avec la victoire du candidat pro-européen Emmanuel Macron, réduisant ainsi le risque d’éclatement de la zone euro. Même si les aléas politiques engendrent régulièrement des fluctuations sur les marchés, il s’agit de ne pas perdre de vue la progression robuste de l’économie mondiale et en particulier une accélération sur le vieux continent.

Economie

Les USA sont plus avancés dans le cycle conjoncturel que les principales autres puissances économiques, avec le plein emploi et une politique de relèvement des taux directeurs par la FED. Cette dernière a confirmé qu’elle va progressivement réduire son vaste bilan composé de 2460 milliards de dollars de bons du Trésor et 1760 milliards de titres hypothécaires, accumulés depuis la crise financière de 2008. Un certain flou politique ainsi que des interrogations sur les réformes économiques prévues pourraient toutefois ralentir le rythme de la croissance américaine.

En Europe, les données macroéconomiques sont réjouissantes avec une croissance prévue de 1.7% pour cette année. La décrue du chômage se poursuit à un rythme lent, mis à part en Allemagne où le marché du travail ne s’est jamais aussi bien porté depuis la réunification.

En Suisse, deux ans après la fin du taux plancher, les signaux de reprise conjoncturelle s’accumulent.

L’économie chinoise, qui sort d’une période de stagnation, s’est mieux comportée que prévu au premier trimestre. Le PIB a crû de 6,9% contre 6,7% l’année précédente. La politique monétaire demeurera néanmoins prudente dans un climat de ralentissement du marché immobilier et des investissements dans les infrastructures.

Monnaies

Après le rebond du dollar, fin 2016, consécutif à l’élection de Donald Trump et à ses promesses de relance budgétaire, le billet vert a cédé tout le terrain gagné. Nous prévoyons une évolution plutôt modeste de la devise américaine qui devrait venir tutoyer la parité contre CHF d’ici la fin de l’année.

La diminution des risques politiques sur le vieux continent, avec la perte de vitesse des partis populistes, a été favorable à l’euro et a soulagé le franc suisse, valeur refuge traditionnelle. C’est une bonne nouvelle pour la BNS qui a été particulièrement active pour lutter contre les pressions haussières sur la monnaie nationale. L’appréciation de l’euro devrait se poursuivre et nous escomptons que la paire EUR/CHF pourrait même atteindre 1.12 dans le courant du deuxième semestre.

Obligations

Les rendements obligataires européens ont commencé à se tendre légèrement depuis l’élection présidentielle française. La BCE prépare les marchés à un ralentissement de son programme d’achats d’actifs, en confirmant qu’elle ne baisserait plus ses taux. Les rendements à court terme en EUR et en CHF resteront malgré tout négatifs, la BCE et la BNS n’envisageant pas de relever leurs taux de référence pour le moment.

De son côté, la FED poursuivra son resserrement monétaire à petits pas, sauf fléchissement marqué de la conjoncture. Dans ces conditions, nous évitons toujours les obligations de longues durées, tant en Europe qu’aux Etats-Unis, ainsi que les titres à haut rendement.

Nous continuons de privilégier les emprunts convertibles et les obligations subordonnées d’entreprises de qualité qui offrent des rendements toujours attractifs dans le contexte actuel.

Actions

L’ensemble des marchés des actions a profité de la dynamique conjoncturelle mondiale, reflétée dans les bons résultats des entreprises lesquelles ont amélioré tant leur bénéfice que leur chiffre d’affaires. La volatilité historiquement basse a également dopé l’appétit des investisseurs.

En dépit du rebond boursier dans la zone euro, nous restons positionnés de manière ciblée dans cette région. La reprise économique en Europe, les conditions de financement des entreprises qui restent très attractives, ainsi que l’accélération des investissements vont continuer à soutenir l’augmentation des profits.

Au cours des dernières années, le climat d’incertitudes politiques avait conduit les entreprises à peu investir. Par conséquent, nous nous attendons à une intensification des opérations de fusions-acquisitions. Nous restons également toujours positifs sur les petites et moyennes capitalisations qui offrent des opportunités de placement dans des niches et peuvent être la cible de rachats par de plus grands groupes.

De plus, les actions offrent des dividendes attractifs en comparaison aux rendements offerts sur le marché de la dette.

Matières premières

L’effort de l’OPEP visant à diminuer les stocks de pétrole et à soutenir les prix n’est, pour l’instant, pas couronné de succès puisque le cours de l’or noir a chuté de plus de 17% cette année. Les intervenants restent préoccupés par le déséquilibre entre l’offre et la demande ainsi que par le niveau élevé des stocks américains.

Nous demeurons neutres sur les métaux industriels qui restent tributaires de l’activité économique chinoise et d’un rééquilibrage de l’offre.

L’or a bénéficié des incertitudes politiques observées en ce début d’année ainsi que de la baisse du dollar américain. Nous restons neutres sur les cours du métal jaune, une remontée des taux américains ainsi qu’un renforcement du dollar ne plaidant pas pour une poursuite de la hausse. Toutefois, nous l’apprécions pour son rôle de valeur refuge et comme élément de diversification.

Immobilier

En Suisse, le marché du logement doit faire face au dynamisme de la construction ainsi qu’au ralentissement de la croissance démographique. Les rendements locatifs risquent de pâtir de la baisse du taux d’intérêt de référence qui a été réduit, le 2 juin, à 1,5%. Si la rentabilité des fonds immobiliers cotés peut être considérée comme attractive, il faut rester prudent car la prime (cours par rapport à la valeur d’inventaire), qui avoisine les 33% en moyenne, est particulièrement élevée.

Thématique

La nouvelle norme mondiale relative à l’échange automatique de renseignements (EAR) doit permettre de lutter contre la soustraction d’impôt sur le plan international. Elle prévoit que les Etats qui concluent un accord à cet effet s’échangent des renseignements sur les données relatives aux comptes et aux dépôts de titres détenus par des contribuables. L’objectif est de rendre impossible toute évasion fiscale.

La Suisse est particulièrement concernée par l’EAR, puisque plus d’un quart des placements transfrontaliers effectués dans le monde sont gérés sur son territoire. Dans ce cadre et depuis le 1er janvier 2017, la Suisse collecte des données qu’elle échangera pour la première fois en 2018. Une centaine d’Etats se sont déclarés prêts à reprendre cette norme. Par conséquent, les pays bénéficiant d’un accord bilatéral échangeront réciproquement leurs données. Pour l’instant, la confédération helvétique a passé des accords avec les pays figurant sur la liste en encart.

Les renseignements suivants seront échangés: numéro de compte, nom et prénom, adresse, date de naissance du titulaire du compte, le numéro d’identification fiscale, les intérêts et dividendes, les revenus provenant de certains contrats d’assurance, le solde du compte ainsi que les produits des ventes d’actifs financiers.

Ironiquement, il est souligné par l’Association suisse des banquiers que le secret professionnel du banquier demeure en tant que tel. En d’autres termes, les banques suisses restent soumises à un devoir de discrétion concernant leurs clients ainsi que les comptes et dépôts de ces derniers. Précisons encore que, pour l’instant, il n’y a pas d’échange de renseignements avec les autorités fiscales helvétiques sur les comptes détenus en Suisse par des résidents suisses, préservant ainsi le secret bancaire pour ces derniers.

Quant aux Etats-Unis, qui ont imposé FATCA au monde entier, l’échange automatique fonctionne essentiellement dans un seul sens, c’est-à-dire à leur profit. Est-il admissible qu’une grande puissance exerce des pressions sur les Etats qui ne respectent pas les normes de l’OCDE, alors qu’elle ne les applique pas elle-même ? Les Etats-Unis seraient-ils en train de devenir une nouvelle forme de paradis fiscal ?

Nous vous souhaitons un bel été.

Pully, juin 2017

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